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DELPHES DANS LA DOUCEUR D’OCTOBRE


Un panorama saisissant

Sur les flancs du Mont Parnasse (2 457 m), en Phocide (Grèce centrale), enserré dans l’écrin abrupt formé par deux versants des Phédriades (les Brillantes) : Delphes, le mythique sanctuaire panhellénique, daté du IVème siècle avant notre ère. Dans ce cadre naturel et préservé, la minéralité du paysage ouvre des perspectives grandioses : verticalité des parois, ravin vertigineux, et, en fond de vallée, une marée d’oliviers aux reflets d’argent coulant doucement vers Itea, petit port du Golfe de Corinthe.


Partie supérieure du site où l’on accède par la Voie sacrée qui a conservé son tracé initial



Ravin et vallée de Pleistos en contrebas du site – Au loin, la baie d’Itea

(rive nord du Golfe de corinthe)

    


Emprunter la Voie sacrée

Aux flancs de ces escarpements rocheux, sur des terrasses et replats ponctués d’une végétation méditerranéenne (cyprès, pins, lauriers), s’étagent les monuments sur un dénivelé d’environ 900 mètres. Certes le parcours est sportif, mais poser ses pas sur la Voie sacrée relève d’un inestimable privilège (à condition toutefois de ne pas s’y rendre en touriste, mais en voyageur prenant le temps de se poser, de regarder, de respirer et de sentir, de se laisser imprégner par le lieu, sa particulière atmosphère, son énergie et son silence).


Le sanctuaire d’Apollon



L’empreinte des dieux : lumières et harmonie

D’importance majeure dans le monde antique, Delphes incarnait l’unité grecque, sa spiritualité, sa civilisation. Selon les mythes, le site fut élu et fondé par les dieux. Zeus le désigna comme le centre du monde qu’il  matérialisa par une pierre sacrée: l’Omphalos. Apollon, après avoir vaincu le serpent Python qui terrorisait la région, y établit son culte. Celui-ci ne se limitait à la délivrance des oracles qui drainait pourtant l’ensemble du monde antique. Le sanctuaire assumait aussi (et peut-être surtout) une fonction politique et culturelle. Tout comme à Olympie, des jeux panhelléniques y étaient organisés. Mais à Delphes, aux épreuves sportives (athlétisme, lutte, courses de chars, etc.) s’ajoutaient des concours lyriques et poétiques. Apollon, en effet, était le Dieu de la lumière, du savoir et de l’harmonie, des arts, de la purification et de la guérison, ainsi que de la beauté masculine. La lyre était l’un de ses principaux attributs. Delphes rendait également un culte à Athéna dont le temple demeure parmi les vestiges les plus remarquables du site.


L’Omphalos (« Nombril du monde ») devant l’un des ex voto : le Trésor des athéniens

 


Le stade   



Source philosophique et littéraire

Par sa polysémie, son universalité, la mythologie grecque est fertile de questions qui interrogent l’homme sur sa place, sa condition, ses comportements. Ces questions demeurent incroyablement actuelles. Ainsi, pouvait-on lire au fronton du temple d’Apollon des maximes à portée philosophique, tel le fameux « Connais-toi toi-même », armature de la pensée socratique. La littérature quant à elle nous offre des pages parmi les plus captivantes -des récits épiques d’Homère au théâtre de Sophocle et d’Eschyle- dans lesquelles Delphes nous revient en écho.


Le théâtre



Mémoire et contemporanéité

Classé depuis 1972 au Patrimoine mondial de l’UNESCO, Delphes rayonne dans le monde contemporain, grâce notamment au poète Angélos Sikélianos qui fit revivre les fêtes delphiques. Aujourd’hui, avec le soutien de l’Europe et du gouvernement Grec,  Delphes abrite un Centre culturel européen qui organise régulièrement conférences et rencontres artistiques, actualisant les valeurs humanistes de l’esprit delphique, portées par l’énergie créatrice du lieu.


Le trépied de Platée : trois serpents enlacés en commémoration d’une victoire sur les Perses



« Champ magnétique »

Peut-être est-ce pour tout cela qu’au-delà de sa situation géographique exceptionnelle et de sa fascinante beauté, Delphes irradie toujours, et suscite des émotions si particulières.

J’aurais voulu évoquer encore tant de belles choses, légendes ou œuvres d’art, ou les deux à la fois : la nymphe Castalie et la fontaine éponyme, les pythies et les rituels oraculaires, l’Aurige, le bel Antinoüs, la colonne des Danseuses ou le Sphinx de Naxos,...

Je vais cependant clore ici la petite chronique de mes affinités avec Delphes, avant de basculer dans un excès de… lyrisme !


                                                                                                  Cécile


La Tholos du temple d’Athena Pronaia (partie inférieure du site)