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En Dominique



La première fois où j’ai entendu le prénom « Maria », dit avec douceur, c’était dans un film à l’accent portoricain dans une ambiance de haine de quartier, et drame de l’amour...West Side Story.


Depuis ce matin, ce beau prénom féminin est dans chaque phrase des habitants du village de la Soufrière sur l’Ile de la Dominique ; là où je viens d’arriver.


Il y a deux ans cet ouragan au nom si doux dévastait une bonne partie de La Dominique. Et c’est ainsi que la vie d’ici se raconte avec des « avant » Maria et des « après » Maria.


La nature y est riche de verdures gorgées d’eau, de terre brune envahie de racines enchevêtrées. Ce paysage de montagnes, avec cette luxuriance tropicale, semble vouloir se déliter au gré des vagues et du vent. Agréable vent chaud, lumière changeante jouant des ombres et de la pluie.


Ce premier contact se passe un Dimanche, il est onze du matin, les rues sont vides, les ruines jalonnent le paysage; seuls les chiens se prélassent au bruissement des feuilles caressées par le vent. Après l’église, là-bas au bout de la rue en pente, il y a la plage où l’océan se jette dans nos yeux, splendide, imposant, plein d’autorité. Subitement les rues s’animent les portes de l’église se sont ouvertes, procession de couleurs des robes des femmes. Les hommes sont beaux dans leurs chemises blanches éclatantes sur leur peau d’ébène.




Ce monde est gai, heureux, il s’anime autour de la préparation du repas pris en commun dans chaque famille, et dans l’odeur de la viande grillée. Ils sont déjà repus en eux-mêmes, sereins avec le regard lumineux du sentiment du travail bien accompli, par les prières chantées à Marie.



Catherine  - 22/09/2019